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Le nom de Bonfol pourrait signifier "bonne forêt", venant du latin, ou "lieu où abonde l'argile" d'après le vocable celte.
Fly © Maeldune 1996 Etangs de Bonfol
Bonfol a défini ses armoiries de la façon suivante "d'Argent à la bande d'Azur accompagnée en chef d'une étoile du
même". Les habitants de Bonfol sont appelés les bâts ou les crapauds.
Le village actuel est en fait la fusion de 4 hameaux: le Cras-Chalet, Truncheré, Vareroille et le Vieux-Bonfol (ou
Bonfol-le-Haut). Ces villages ont certainement été détruits durant les guerres de Bourgogne et les survivants se seraient regroupés "Sous les Chênes", endroit où aurait vécu St-Fromond, pour
fonder le nouveau village de Bonfol.

Les étangs de Bonfol ont été aménagés par les princes-évêques de Bâle pour la pisciculture et la chasse aux canards.
Ils ont été signalés pour la première fois en 1497.
Fly © Maeldune 1996 Etangs de Bonfol
En automne 1786, des miasmes provenant du Grand Etang du Prince vidé durant l'été infectèrent le village d'une fièvre
maligne. Les étangs furent alors asséchés pour être réhabilités qu'en 1930 où ils obtinrent le statut de réserve naturelle.
Le village fut également secoué par la Guerre de Trente Ans. En 1634, les Suédois envahirent le village et ne
laissèrent derrière eux qu'un monceau de cendres.
Grâce à sa bonne argile, Bonfol est très connu pour sa poterie. En 1830, la moitié de la population du village était
employée dans cet art. Aujourd'hui, il ne reste plus qu'une seule potière professionnelle.
Bonfol est une commune jumelée depuis septembre 1988 avec Beurnevésin et Pfetterhouse, village de France voisine.
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Personnalités |
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Laurent
Bourgnon
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Source : commune de bonfol, site officiel : http://www.bonfol.ch/
Fly © Maeldune 1996 Etangs de Bonfol
Fly © Maeldune 1996 Etangs de Bonfol
Le Musée de la poterie
Bonfol est avant tout un village de tradition potière. En 1800, 53 familles de potiers vivaient à Bonfol en raison de la qualité et de la quantité d’argile produite. En 2004, le conseil de la fondation de la poterie et les autorités du village ont unis leurs forces pour créer le Musée de la Poterie.
La tradition est préservée grâce à l’atelier de Felicitas Holzgang.
Ouvert de 14h à 18h le 1er et
le 3ème dimanche de mars à octobre ou sur réservation.
Renseignements :
Fondation vieilles poteries de Bonfol
Case postale 3
2944 Bonfol
Tél : + 41 79 646 93 90
Source : http://www.hopla-net.com
Fly © Maeldune 1996 Etangs de Bonfol
Une de Bonfol
Achille a abandonné à sa femme le soin de vendre au meilleur prix les douze porcelets qu'il a apportés de Bonfol ce matin même. Il a fait son tour de foire, examinant les nouvelles machines agricoles posées à même le trottoir, hélant les paysans en blouses bleues (il les connaît tous), inspectant, en connaisseur, le bétail proposé, tâtant des pis, caressant des croupes.
*Une petite foire, pense Achille, et quelles pauvres bêtes, maigres et pitoyables. Ces jeunes ne savent plus faire la belle génisse.*
Bientôt, il espère développer ses théories sur l'élevage et faire le procès des écoles d'agriculture. Il trouvera bien un auditoire complaisant, au moment de l'apéritif, juste avant le gâteau au fromage.
Le voilà donc qui pousse la porte du Guillaume-Tell. Il entre en se baissant, car il est de haute taille. Dans la petite salle enfumée règne une atmosphère inhabituelle. Ce ne sont pas les propos entendus qu'ont coutume d'échanger les hommes de la terre. La salle, bien que bondée, est étrangement silencieuse.
Dans l'angle du fond à droite, juste sous le tableau des vins, un homme dans la cinquantaine raconte. Derrière un voile de fumée âcre et bleue, à peine visible à cause de la pénombre. il parle et les mâles clients sont suspendus à ses lèvres. Ce sont des paysans de tout âge, aux traits marqués par le labeur et le grand air. Ils ont les coudes sur la table, une main sous le menton, l'autre en cornet contre l'oreille. Cape à vis ou casquette de toile, blouse bleue ou capote gris-vert, bottes à semelles épaisses ou souliers à clous qu'on racle sur le plancher.
Achille, qui a pris place près du comptoir, a commandé une bière.
- Et celle du berger de cochons, que le loup lui avait égorgé son verrat le jour de la Saint-Fromont....
-Vas-y , raconte, fait une voix.
Achille écoute, lui aussi, le narrateur. Non, il ne le connaît pas. *ça pourrait être un de la Haute-Ajoie. Ou peut-être du Clos-du-Doubs?* *Le type amuse son auditoire en racontant des histoires de Bonfol. C'est qu'il a un fameux répertoire. Et qu'il sait les dire, à en juger par les réactions flatteuses des auditeurs qui gloussent, pouffent, refrènent un accès de gaieté pour libérer un rire sonore à chaque dénouement.
Les histoires se succèdent pour le plus grand plaisir des auditeurs.
Il faut vous dire qu'en notre bonne terre d'Ajoie, chaque village a sa réputation particulière. N'en est-il pas de même ailleurs? Marseille a son Marius, spirituel et hâbleur. La Chaux-de-Fonds a produit son Ouin-Ouin, hissé au rang de héros national. Berne a façonné le Bernois, homme pondéré et réfléchi, incarnation de la lenteur.
L'homme de Bonfol, c'est le bon fol, le bon fou, naïf et irrésistible. Ses aventures cocasses se transmettent de bouche à oreille, de grand-père à petit-fils. Il y eut même un scribe local pour en faire un recueil bilingue patois-français publié sous le titre de *La lettre de Bonfol*. Si ces lettres n'ont pas la notoriété de celles de mon moulin, elles n'en ont pas moins de saveur. Et, comme on ne prête qu'aux riches, tous ces dits n'ont pas toujours pour décor les rives bénies de la Vendline. Certains sont peut-être inventés de toutes pièces.
Donc, voilà mon Achille attablé devant une bière, en ce lundi de foire, au Café du Guillaume-Tell. Lui, un de Bonfol, garanti d'origine, de race pure et sans compromission, il est là à écouter des histoires de Bonfol.
- Et celle du taureau communal qu'on avait hissé sur le toit de l'église pour qu'il y broute...
Décidément, Achille n'apprécie pas, figé dans une patience crispée, dangereuse et tendue.
- Et celle des conseillers communaux qui avaient fait une sortie à Ferrette....
- Et celle de la Marie du bas du village, qui lavait son linge à la rivière...
-Et quand ils n'arrivaient pas à élire leur maire, qu'on a dû aligner les candidats culs nus derrière une haie...
- et quand...
- Et celle du...
Enfin, le conteur s'est tu, satisfait. La dernière cascade du dernier rire s'est apaisée. Une douce rumeur s'instaure, faite de conversations, de bruits de chaises et de verres entrechoqués.
- A la tienne, Alphonse!
- Tu laisseras ça, c'est ma tournée.
Achille s'est alors approché du conteur. *Non, ce n'est pas un de la Haute-Ajoie.* Planté devant lui, les poings appuyés sur la table, il le regarde dans les yeux.
- Tu n'en sais plus? demande-t-il d'une voix blanche qui cache mal la colère contenue.
-Non, dit l'autre, souriant.
Et brutalement, Achille lui applique deux gifles retentissantes.
- Tu ne la savais pas, celle-là, hein? C'est une de Bonfol, pourtant, c'est même la toute dernière. Tu l'ajouteras à ton répertoire, dit Achille qui lance sur le zinc deux francs pour sa bière et s'en va, sans attendre la monnaie.
Source :
Bernard Chapuis, Une de Bonfol, Trente-six récits entre ciel et brume, éditions du Démocrate SA 1985
Une bien belle promenade à l'orée de la nuit...
Les eaux changent à chaque instant et envahissent votre imaginaire
d'histoires venues du fond des temps
(mes photos sont de piètre qualité, issues de scans)
Fly © Maeldune 1996 Etangs de Bonfol
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